Saint Roch en Thudinie

Introduction

Saint Roch est représenté, non seulement dans divers matériaux, mais aussi sous des attitudes et des tenues différentes. Ainsi la blessure est-elle tantôt montrée sur la jambe droite, tantôt sur la gauche. Roch a parfois la tête couverte. Il est très souvent accompagné de son chien et quelquefois, d’un ange. Ce dernier intervient, soit comme annonciateur de la terrible maladie qui l’éprouva, soit comme consolateur du malade, soit comme soigneur du bubon infectieux. Ce rôle d’infirmier céleste est conforme à la tradition qui veut que saint Roch ait été visité et guéri par un ange.

Les dimensions des statues sont variées, les plus petites permettaient aux mourants de les serrer dans leurs mains lors du passage de vie à trépas.

Église Notre Dame d’El Vaulx

Il ressort des notes du semainier de l’église du Val et de diverses archives que la confrérie Saint-Roch vient d’être rétablie dans la deuxième semaine de juillet 1866 en pleine épidémie de choléra. La construction d’une nouvelle chapelle est en projet. Le curé Grard a fait l’acquisition d’une nouvelle statue qui est bénie le 12 août et qui sort en procession le dimanche 19 août.

Il semblerait qu’il s’agisse de la seule représentation du saint qui existe en ce moment, les anciennes statues de l’église et de la chapelle primitive ayant disparu avec la révolution (elles ont probablement été recueillies par des particuliers). La statue actuelle de l’église ne sera achetée qu’en mai 1892 par la confrérie.

Tienne-Trappe

Cette chapelle est la troisième dédiée à ce saint et construite en ces lieux.

La première, sous l’ancien régime, se situait au pied du mur du coteau.

L’ancienne chapelle, abattue en 1794, est déjà citée en 1696 : « maison tenant au chemin allant à la chapelle Saint-Roch »« jardin extant à la pieraille sur le pendant du terne qui est vis-à-vis de la chapelle Saint-Roch ». Elle est encore citée en 1788 : « prairie proche la chapelle Saint-Roch à la pieraille ».

Il n’est pas permis de connaître son volume et son aspect de jadis. Aucune image n’a été retenue avant sa destruction.

La deuxième, de modestes dimensions, a été remplacée vers 1868, par la chapelle actuelle, édifiée avec souscription publique par la nouvelle confrérie Saint-Roch, à l’initiative du curé de la Ville-Basse, après l’épidémie de choléra de 1866.

La confrérie de Saint-Roch était composée de pieux paroissiens en l’église du Val. Ses membres, par dernières volontés, pour lui montrer leur attachement, faisaient des legs d’espèces.

Chaussée Notre-Dame

Cette récente représentation de saint Roch est l’œuvre de Martine Botson. Elle a été bénie par le doyen Ignace Leman et inaugurée en grande pompe par l’Administration Communale et les sociétés de la Saint-Roch lors de la remise du coq sur le beffroi, le 16 novembre 2002.

Rue Saint-Roch n°16

Ce sanctuaire est protégé par la famille Dubar depuis 1970. Etant donné le vandalisme, cette statue n’est plus exposée.

Rue Jean Doye – Waibes

Pendant la halte des Waibes, cette chapelle, située sur le parcours des rogations, était visitée le 3ème dimanche de mai par le comité Saint-Roch, les Zouaves Pontificaux, le clergé et des pèlerins, qui y chantaient le cantique à saint Roch. Cette dévotion est tombée en désuétude depuis quelques années.

Rue du Fosteau

Cette chapelle  «  potale  » provient de Strée haute. Elle appartenait à madame Simone (dite Léone) Denis, et était sise rue Ivienne. Elle a été donnée à son propriétaire actuel, Roger Foulon. Son socle était complètement enterré dans un talus. Seule la niche était visible et sans aucun mobilier. L’ensemble était fragmenté en plusieurs morceaux. Le collège échevinal a permis son installation à l’endroit actuel et les travaux de transfert ont commencé le 22 août 1990.

Sur son socle, le texte suivant a été découvert :

Saint Roch
Priez pour nous !

A la mémoire de
Emery Lebrun, et de
Thérèse Lebrun, son épouse 1892

Le petit oratoire restauré a été officiellement inauguré le samedi 16 mai 1991, veille de Saint-Roch, en présence d’un grand nombre de marcheurs, de fifres et de tambours. La chapelle fut bénie par l’abbé Léon Hardy, révérend doyen de Thuin. Des allocutions ont été prononcées par le propriétaire et par Monsieur Daniel Ducarme, alors bourgmestre de Thuin.

Place de la Maladrie

Erigée il y a 150 ans par la famille Navez, en remerciement d’une guérison obtenue par l’intercession de saint Roch, prié contre la peste et le choléra, la « potale » de la Maladrie fut détruite en 2001. Restaurée dans les règles de l’art, à l’initiative d’un comité du hameau, la « potale » a retrouvé sa splendeur. Elle abrite une copie d’un saint Roch pendant l’année, tandis que l’original de la « potale » se plaît chaque année à admirer la Marche qui défile en son honneur.

Routes de Lobbes – Ferme de la Couture

Cette « potale » a été découverte par hasard et heureusement sauvée. Un hommage lui est rendu lors du parcours de la procession du lundi de Saint-Roch juste avant le retour du thaumaturge dans son sanctuaire.

Comité Saint-Roch

Par tradition, cette jolie statuette de saint Roch en porcelaine de Bruxelles se transmet de génération en génération à la présidence du comité. Actuellement, c’est Gérard Vanadenhoven qui en est le dépositaire, et ce, depuis 2011.

Rue Poty Daivière

Cette statue a été réalisée en 1928. Elle fut placée dans une chapelle en bois jouxtant une maison. En 1970, cette partie de la demeure fut détruite pour faire place à un garage en briques. Depuis cette date, son propriétaire la garde précieusement. Vous pouvez la contempler tous les troisièmes week-ends de mai où elle est exposée, accompagnée de deux anges, à une fenêtre de la maison.

Ragnies

Rue de la Roquette

Les plus anciens du village ne peuvent s’en rappeler l’origine. Il paraît même qu’elle est, de beaucoup, antérieure à la révolution française. C’est à la suite d’une très funeste épidémie que les moines de Lobbes, à la demande des habitants, l’ont fait placer où elle est encore aujourd’hui, sur le bord d’une terre dépendante de leur grande ferme de la Cour.

Thuillies

Hameau d’Ossogne

Dans cette statuette, datant de la deuxième moitié du XVIIe siècle, se retrouvent les principales caractéristiques iconographiques du saint protecteur de la peste : costume de pèlerin, jambe gauche dénudée et main gauche y montrant un bubon, ange soignant la plaie (placé au flanc droit du saint, tenant un pot d’onguent dans la main droite), chien levant la tête (assis derrière la jambe gauche) ; du bras droit tendu, le saint tenait un objet disparu, sans doute son bourdon.

Église paroissiale

Au XIXe siècle, un inventaire dressé par le curé Bourgeois, vers 1860, faisait déjà mention d’une statue saint Roch en l’église de Thuillies.

La représentation est traditionnelle : Roch porte le costume de pèlerin : tunique tombant au-dessus des genoux, tenue à la taille par une ceinture ; long manteau à large col garni de coquilles, chapeau rond. Du bras gauche tombant, il tient le bourdon, tandis que du bras droit levé, il indique le ciel. Son chien lui tend un pain, assis à l’arrière de son pied droit.

Lobbes

Rue Saint-Roch

Cette chapelle néo-classique a été construite en 1878 par la famille Halbrecq – Lavary. Une chapelle antérieure avait été érigée par les moines vers 1740.

Rue du Laid pas

Il y a, à Lobbes, entre un mur et une remise de métairie, une petite chapelle rustique de 2m65 de hauteur jusqu’ au faîte du toit, et de 1m30 environ de largeur et de profondeur. Elle fut élevée en 1924. La raison de son érection est émouvante. Madame KINT l’a érigée pour la guérison de son fils, grand mutilé du travail.

Son état de délabrement est tel qu’elle nécessiterait bien une attention particulière.

Sars-la-Buissière

Rue Chevesnes

Cette chapelle située devant l’école du village a été construite en 1867. A cette époque, le choléra régnait dans la région. Sans doute, le village de Sars a-t-il été protégé ? Ses habitants se sont cotisés pour construire une chapelle en remerciements à saint Roch.

Pour son 100ème anniversaire, en 1967, la chapelle a été restaurée.

Ham-sur-Heure

Chapelle Saint-Roch

Ancien sanctuaire de la maison des Récollets, construit à partir de 1636, date en façade par les ancres formant le millésime de 1638. L’édifice en briques et pierres calcaires, sous une bâtière d’ardoises avec clocheton surmonté d’une croix en fer forgé abrite une salle rectangulaire éclairée de part et d’autre par trois fenêtres .

Belle façade de style baroque. Chevet adossé au presbytère. Décoration intérieure de style Louis XVI.

Meubles : Autel retable de 1640, bancs de communion, bénitier, confessionnaux, jubé en chêne sur colonnes de marbre, buffet d’orgues et tableaux du XVIIème.

Statue de la Chapelle

La statue la plus récente sort chaque année lors de la marche Saint-Roch d’Ham-sur-Heure.

La deuxième, plus ancienne, était utilisée auparavant. L’ange à lui seul est un exemple parfait de sculpture populaire : visage primitif aux yeux soulignés de bourrelets, corps fait d’assemblage de volumes sans aucune interdépendance, chevelure torsadée à la manière d’ornements. En revanche, le socle et ses lettres révèlent une technique plus sûre de la taille. C’est là une caractéristique fréquente pour la sculpture populaire, qui est, la plupart du temps, l’œuvre de menuisiers ou d’ébénistes qui, tout en possédant une technique accomplie pour la mouluration du mobilier, ne parvenaient pas à tailler des figures se développant dans les trois dimensions. Certes, l’impression du baroquisme dégagée par l’œuvre est fortement diminuée par l’absence de mouvement dans les volumes. Ce sont donc plutôt des détails iconographiques, comme les vêtements du saint, qui permettent de déceler l’époque de sa réalisation, le 18ème siècle.

Jamioulx

Rue B. Leprince

Une chapelle NOTRE-DAME de Grâce abrite saint Roch. Ce petit édifice octogonal de style néo-gothique date de la fin du XIXème siècle.

Dans l’église paroissiale Saint-André bâtie en 1858 sur une butte, on trouve plusieurs statues en bois polychrome : saint Fiacre, sainte Barbe, saint Eloi qui datent du XVIIIème siècle et un saint Roch qui est du XVIIème siècle.

Le « tour Saint-Roch »

Initialement, la procession en l’honneur de saint Roch était accolée à la procession Notre-Dame du 15 Août. Saint Roch sortait le 16 août, jour de sa fête-anniversaire, en remerciement de sa protection lors des épidémies. Le 16 août, lendemain de l’Assomption, était jour de congé officiel.

À la reprise du XIXe siècle, les deux processions furent scindées. Mais elle garda son trajet initial calqué sur la procession mariale. Leurs raisons d’être étaient la bénédiction des champs et par conséquent de faire le tour complet de la paroisse.

La paroisse de Notre Dame d’el Vaulx avait, à l’origine, une extension importante jusqu’au hameau des Waibes. Les fidèles, trouvant les distances trop importantes pour se rendre à leur lieu de culte, entreprirent de construire une église aux Waibes. Au départ, cette église n’était qu’une chapelle dépendant de la paroisse de la Ville-basse. Dans le parcours de la procession, il était donc logique que le saint patron (et ses porteurs) fasse une halte au « reposoir » des Waibes.

Plus tard, cette chapelle devint église et la paroisse des Waibes devint autonome. Ce qui ne modifia en rien le parcours de la procession.

La cérémonie en cette église se décline comme une prière et une dévotion en l’honneur du saint.

Cet itinéraire s’appelle « le tour Saint-Roch ».

Particularité thudinienne : ce sont les Zouaves Pontificaux qui mettent des gardes et des porteurs à la disposition du clergé pour porter la statue de saint Roch au sein de la procession.

Les pèlerins et les Soeurs Grises, quant à eux, se relaient pour porter la châsse protégeant la relique, tant le dimanche que le lundi.

La confrérie Saint-Roch

À la demande du curé de la Ville-Basse, l’administration communale accepta, dès 1868, de faire accompagner la procession par une escorte et elle en confia l’organisation à une commission élue parmi ses membres.

Cette double origine (religieuse et civile) est toujours en vigueur : le clergé gère la partie religieuse du culte et le Comité Saint-Roch, soutenu par les autorités locales, organise la marche. Ce Comité sert également de trait d’union entre toutes les parties prenantes (administration, clergé…). Chaque année, ledit comité se rend à la cure pour obtenir du clergé l’autorisation de sortir la statue de saint Roch et tous les apparats qui font la Saint-Roch d’aujourd’hui.

Depuis, il n’y a plus eu d’interruption si ce n’est sous les occupations allemandes de 1914-1918 et de 1940-1945. Durant ces années, seuls quelques irréductibles firent symboliquement le parcours.

Cette Marche est constituée par des hommes en armes portant des uniformes militaires des XVII, XVIII et XIX es siècles.

Statuts

  1. Cette confrérie a pour but d’obtenir la protection de saint Roch, d’être préservée de la peste et du choléra et de toute maladie contagieuse.
  2. À cet effet, on célébrera chaque année, pour les confrères et consœurs, une messe solennelle en la chapelle de saint Roch, le 16 août, jour de la fête de ce saint.
  3. Les confrères et consœurs réciteront un Pater et un Ave en l’honneur de saint Roch.
  4. Chaque année, on célébrera quatre obits pour les associés défunts qui auront payé un franc annuellement.

Ceux et celles qui auront payé, en une fois, vingt francs, auront, en outre, droit à un service particulier, après leur mort, dès qu’il en sera donné connaissance à M. le curé de la Ville-Basse de Thuin, directeur de ladite confrérie.

Avantages

Indulgences accordées à la Confrérie à perpétuité par N.S. Père le pape Pie IX, le 4 septembre 1866 :

  1. Indulgence plénière le jour de l’entrée dans la confrérie.
  2. Indulgence plénière à l’article de la mort.
  3. Indulgence plénière tous les ans, le jour de la fête de saint Roch.
  4. Multiples indulgences partielles.

Litanies en l’honneur de Saint-Roch

Le Grand protecteur des Victimes du Choléra

Seigneur, ayez pitiés de nous.

Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneurs, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, écoutez-nous.Jésus-Christ, exaucez-nous.
Père céleste, vrai Dieu, ayez pitié de nous.
Dieu le fils, rédempteur du monde, ayez pitié de nous.
Dieu le Saint-Esprit, ayez pitié de nous.
Saint-Trinité, un seul Dieu, ayez pitié de nous.
Sainte Marie, priez pour nous.
Reine des confesseurs, priez pour nous,
Saint Roch, serviteur fidèle du Seigneur,
Saint Roch, ennemi de la vanité du monde,
Saint Roch, modèle de pénitence,
Saint Roch, exemple de patience,
Saint Roch, miroir de dévotion,
Saint Roch, consolation des affligés,
Saint Roch, secours des malheureux,
Saint Roch, refuge des malades,
Saint Roch, patron puissant contre le terrible fléau de la peste,
Saint Roch, défenseur des fidèles,
Saint Roch, venez à notre secours,
Saint Roch, priez pour nous le Seigneur.
Afin que nous puissions suivre vos exemples,
Afin que nous vivions détachés des choses de ce monde.
Afin que, selon nos moyens, nous soulagions ceux qui souffrent,
Afin que nous supportions patiemment nos souffrances,
Afin que nos larmes de repentir effacent nos péchés, pour lesquels nous avons mérité les plus grands châtiments,
Afin que nous soyons fortifiés dans notre bonne résolution de vivre mieux.
Afin que nos âmes soient préservées de la contagion du péché et nos corps des maladies pestilentielles.
Afin que Dieu daigne éloigner de notre patrie les maux dont nous sommes menacés.
Afin que nous soyons exaucés avec tous ceux qui invoquent votre secours, Saint Roch, priez pour nous.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, délivrez-nous, Seigneur.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitiés de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Notre Père, etc.
V. Priez pour nous, saint Roch.
R. Afin que nous soyons délivrés de toute maladie pestilentielle.

Son Eminence le cardinal Engelbert, archevêque de Malines, a accordé, le 18 juin 1840, cent jours d’indulgence à tous les fidèles qui réciteront dévotement ces Litanies.

Prière à Saint-Roch

O Bienheureux saint Roch, nous vous en prions, intercédez en notre faveur auprès de la miséricorde divine, afin que nous soyons tous préservés du choléra, de la peste et de la mort subite et imprévue.

Cantique à Saint-Roch 1867

REFRAIN

Ô saint Roch ! Ô notre bon Père.
De ton bras nous venons implorer le secours.
Garde-nous de la peste, entends notre prière,
Et soutiens tes enfants toujours
Ô saint Roch ! Ô notre bon Père.
De ton bras nous venons implorer le secours.
Garde-nous de la peste, entends notre prière,
Et soutiens tes enfants toujours

COUPLET I

Il part et ne prend pour partage,
Que le bâton du pèlerin,
Le ciel veille sur son jeune âge,
Les anges gardent son chemin.

COUPLET II

Dans les ravages de la peste
Les peuples invoquent son nom.
Pourquoi craindre un fléau funeste
Quand dieu nous donne un tel patron ?

COUPLET III

Un choléra plus redoutable,
C’est le vice, c’est le pêché.
Saint Roch sauve l’âme coupable
Des peines de l’éternité.

COUPLET IV

Tu fus jadis ce que nous sommes,
Au mal exposé comme nous.
Demande au doux sauveur des hommes
Qu’il nous rende léger son joug.

COUPLET V

O grand Saint Roch en confiance.
Enfants de Thuin, nous t’invoquons
Aux jours mauvais sois la défense,
De ceux qui réclament ton nom.

Cantique à Saint-Roch 1992

En 1992, à l’occasion de son 125ème anniversaire, le cantique est actualisé par François-Louis Leroy, fervent paroissien et membre du Comité Saint-Roch (1970-2005). Le 1er couplet est transformé et un nouveau complet voit le jour et s’intercale entre les 2 derniers.

COUPLET I

Il part et ne prend pour bagage
Que le bâton du pèlerin.
Sa foi éclaire son visage,
Son espérance rend serein.

COUPLET II, III et IV

Idem

COUPLET V

Tu nous montras dans la souffrance
L’exemple de la charité.
Eveille en nous la tolérance,
l’esprit de solidarité.

COUPLET VI

Idem

Les couplets chantés lors de la messe du lundi de la Saint-Roch

REFRAIN

Ô saint Roch ! Ô notre bon Père.
De ton bras nous venons implorer le secours.
Garde-nous de la peste, entends notre prière,
Et soutiens tes enfants toujours ! (bis)

COUPLET I

Il part et ne prend pour bagage
Que le bâton du pèlerin.
Sa foi éclaire son visage,
Son espérance rend serein.
Ô saint Roch…

COUPLET V

Tu nous montras dans la souffrance
L’exemple de la charité.
Eveille en nous la tolérance,
l’esprit de solidarité.
Ô saint Roch…

COUPLET VI

Ô grand saint Roch en confiance,
Enfants de Thuin, nous t’invoquons.
Aux jours mauvais, sois la défense
De ceux qui réclament ton nom.
Ô saint Roch…

L’origine de la Saint-Roch

Dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, on invoque saint Roch spécialement contre la peste, fléau qui ravagea plusieurs fois notre région au XVIIème siècle.

L’année 1654 a été retenue comme « date symbolique » de la naissance de la Marche Saint-Roch de Thuin probablement parce qu’elle est restée gravée dans la mémoire collective locale. En effet, c’est à ce moment que de vaillants Thudiniens ont chassé les troupes du Prince de Condé qui avait entrepris le siège de la Cité.

A Thuin, la plus ancienne trace d’un culte voué à saint Roch remonte à 1627. En effet, un testament daté du 14 octobre de cette année cite la Confrérie Saint-Roch. Elle  doit donc avoir été créée avant cette date. La confrérie avait son siège dans l’église Notre-Dame d’el Vaulx et était chargée de l’organisation du culte et des processions. C’est ainsi que, jusqu’à la Révolution française, une messe solennelle en l’honneur de saint Roch fut chantée tous les mardis et que le 16 août, jour de la fête du saint, avait lieu sa procession. A cette époque, les escortes d’archers, d’arbalétriers, de hallebardiers et d’arquebusiers étaient déjà beaucoup plus folkloriques que réellement militaires.

Après le Concordat de 1802, les messes du mardi, consacrées à saint Roch reprirent mais pas la procession.

Au XIXème siècle, plusieurs épidémies de choléra se succédèrent. C’est lors de celle de 1866, que fut rétabli, de façon plus spectaculaire, le culte à saint Roch. Dès cette année, le curé de la Ville-Basse instaura une nouvelle Confrérie Saint-Roch.

Le troisième dimanche de mai 1867, un événement en l’honneur du pèlerin de Montpellier a eu lieu. Malgré les traces laissées, à ce jour, on ne peut péremptoirement trancher sur la nature de cette manifestation. Etait-ce une procession, une parade d’inspiration militaire ou une marche, c’est-à-dire une procession escortée d’hommes en armes ?

En revanche, dès 1868, des éléments tangibles attestent de la tenue d’une Marche d’Entre-Sambre-et-Meuse, à Thuin, à la date toujours en vigueur aujourd’hui. Son organisation fut confiée à une commission.

Cette situation est toujours d’actualité : la partie religieuse est gérée par le clergé et, sous le patronage des autorités communales, les aspects folkloriques sont organisés par le Comité Saint-Roch. Ce dernier sert également de trait d’union entre le pouvoir civil et les autorités religieuses.

Biographie de saint Roch

Saint Roch (Roch était un prénom très courant en France et en Italie à l’époque) naît à Montpellier entre 1345 et 1350, en pleine guerre de Cent Ans.

Il voit les terribles épidémies de peste de 1358 et 1361 et il est probable qu’il développe une sensibilité particulière vis-à-vis des malades et des souffrants.

Orphelin (entre 17 et 20 ans), riche et instruit, il décide d’entreprendre un pèlerinage de pénitence en direction de Rome pour y vénérer les tombes des saints, apôtres et martyrs.

Il distribue sa fortune aux pauvres, revêt l’habit de pèlerin (chapeau à large bord pour se protéger de la pluie, un bourdon et une courge utilisée comme gourde, un manteau de pèlerin qui arrive aux hanches, une ou plusieurs coquilles pour puiser l’eau des rivières, une besace portée en bandoulière) et prend la route.

Son séjour en Italie est marqué par la présence du terrible fléau de la peste.

Il suit les méfaits de l’épidémie et soigne les gens sur son passage.

Il arrive à Acquapendente, à quelques jours de marche de la Ville éternelle en 1367.

Il y reste trois mois, car la peste y sévit. Il met en pratique l’enseignement médical qu’il a reçu, en l’associant à des signes de croix et à une invocation sur les souffrants, et obtient de nombreuses guérisons.

Il reprend son chemin pour Rome, lorsqu’il apprend qu’à Cesena, à l’opposé de sa direction, l’épidémie fait rage.

Il s’y rend, faisant ce que Dieu attend de lui au fur et à mesure de son pèlerinage, et obtient là encore des guérisons miraculeuses.

Il arrive enfin à Rome, au début de l’année 1368, et s’occupe sans doute des malades à l’hôpital du Saint-Esprit, ordre fondé par son compatriote, Gui de Montpellier.

Un prélat, peut-être un cardinal, guéri par ses soins ou témoin de guérisons miraculeuses, lui fait rencontrer le pape Urbain V qui s’écrie en le voyant, selon la légende : « Il me semble que tu viens du Paradis ! », et lui donne l’indulgence plénière.

Roch quitte Rome en 1370 pour s’en retourner vers sa patrie.

Au mois de juillet 1371, il est à Plaisance, à l’hôpital Notre-Dame-de-Bethléem, près de l’église Sainte-Anne où il assiste, guérit et réconforte les malades.

C’est là qu’il va, lui-même, contracter la peste.

Roch se réfugie alors dans un bois, à quelques kilomètres de Plaisance, à Sarmato, pour s’isoler et mourir en paix.

À cet endroit, il peut se désaltérer et nettoyer ses blessures grâce à une source proche.

Roch n’a pas de quoi manger, mais chaque jour, un chien lui apporte un morceau de pain qu’il chaparde dans la cuisine de son maître.

Le maître du chien est peut-être le noble Gothard Pallastrelli qui va devenir son disciple. Il aurait également été le premier biographe du saint et l’auteur de son unique et vrai portrait conservé à Plaisance, en l’église Sainte-Anne.

On rapporte aussi qu’un ange a secouru Roch. Il recouvre la santé et retourne à Plaisance auprès des pestiférés, faisant preuve d’un courage et d’une humanité remarquables.

Il reprend sa route, mais les terres milanaises sont le théâtre d’une guerre entre le duc de Milan, Bernardo Visconti, son frère Galeazzo II, et la ligue constituée par le pape Urbain V, conduite par Amedeo VI de Savoie. Ce conflit dure de 1371 à 1375.

Pris pour un espion, Roch est arrêté à Broni et transféré à Voghera, par un surintendant militaire des Visconti.

Sa renommée était grande. De surcroît, il aurait pu se faire identifier, grâce à sa marque de naissance en forme de croix sur la poitrine, par son oncle, gouverneur de la ville. Mais, fidèle au vœu d’anonymat de tout pèlerin, Roch ne révèle pas son identité et demande à pouvoir reprendre son chemin, en tant qu’« humble serviteur de Dieu ». Sa requête est rejetée, il est mis au cachot.

Son emprisonnement dure cinq ans. Selon la tradition, il ne dévoile son identité qu’à un prêtre la veille de sa mort, survenue le 16 août d’une année comprise entre 1376 et 1379. Des témoins assurent que le cachot s’est illuminé et que le dernier souhait de Roch, à l’ange venu l’assister, a été d’intercéder pour les gens en souffrance. Il est enterré avec dévotion à Voghera qui, immédiatement après sa mort, lui consacre une fête.

Ses reliques, à l’exception de deux petits os du bras, sont aujourd’hui gardées dans l’église qui lui est dédiée à Venise.

Au XIXe siècle, un tibia a été donné au sanctuaire Saint-Roch de Montpellier, qui possède également son bâton de pèlerin.