L'origine de la Saint-Roch

Dans l'Entre-Sambre-Et-Meuse, on invoque saint Roch spécialement pour la peste. Au 17e siècle, notre région connut plusieurs épidémies de peste.

Le culte de saint Roch à Thuin semble avoir pour origine celle qui sévit en 1635 dans la ville. En effet, un testament daté du 14 octobre 1637 cite, pour la première fois, semble-t-il, la confrérie Saint-Roch. Celle-ci avait donc été créée avant cette date et peut, avec vraisemblance, être mise en relation avec l'épidémie de 1635. Elle avait son siège dans l'église de la Ville-Basse et était chargée, comme les autres, de l'organisation du culte et des processions.

C'est ainsi que, jusqu'à la Révolution Française, une messe solennelle en l'honneur de saint Roch fut chantée tous les mardis et que le 16 août, jour de la fête du saint, avait lieu sa procession. Les escortes d'archers, d'arbalétriers, de hallebardiers et d'arquebusiers, à cette époque, étaient beaucoup plus folkloriques que réellement militaires.

On donne le nom de « Marche », aux processions religieuses escortées de compagnies de guerriers improvisés.

À la Révolution Française, la procession annuelle du 16 août fut abolie.

Dès 1801, les messes du mardi, en l’honneur de saint Roch, reprirent (52 par an et, plus tard, 35), mais pas la procession.

Elle put cependant sortir le 23 Termidor de l’an XII (13 août 1803) sur l’autorisation du Maire Boursault.

Pendant les guerres du premier Empire, elle fut de nouveau interdite, et remplacée par la procession Notre-Dame d’el Vaulx.

Au 19e siècle, plusieurs épidémies, de choléra cette fois, se succédèrent. C'est, lors de celle qui ravagea les bas quartiers de la ville en 1866, que reprit, de façon plus spectaculaire, le culte à saint Roch. Dès cette année, le curé de la Ville-Basse instaura une nouvelle Confrérie Saint-Roch.

Une procession en l'honneur de saint Roch sortit en 1867, mais le troisième dimanche de mai, afin de dissocier la procession Saint-Roch de la grande procession Notre-Dame à laquelle elle était accolée et de garantir à celle-ci son prestige d'antan.